Triste tigre, p.9

Triste tigre, page 9

 

Triste tigre
Select Voice:
Brian (uk)
Emma (uk)  
Amy (uk)
Eric (us)
Ivy (us)
Joey (us)
Salli (us)  
Justin (us)
Jennifer (us)  
Kimberly (us)  
Kendra (us)
Russell (au)
Nicole (au)


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

Larger Font   Reset Font Size   Smaller Font  

  Quand on lui demandait la raison de ses agissements, mon beau-père disait qu’il avait été acculé à cette situation car il ne trouvait pas d’autre moyen d’entrer en contact avec moi. Ça semble incohérent, vu d’ici, si longtemps après, mais ça semblait déjà incohérent à l’époque. C’est l’aveu très clair d’une prédation qui ne visait pas que la domination sexuelle mais bien au-delà. À travers la domination, la torture, atteindre la vie même.

  Dans un article du Monde du mois d’avril 2021, un reportage sur un centre qui met en place des thérapies pour les délinquants sexuels évoque leurs motivations profondes : Le passage à l’acte sexuel est une tentative de solution défensive par rapport à des angoisses majeures liées à des carences fondamentales, pour prévenir le risque d’un effondrement dépressif. Autrement dit, selon Gaëlle Saint-Jalmes, psychologue du centre, passionnée depuis toujours par la question ontologique de la violence, le viol est une soupape psychique. Il s’agit pour les agresseurs de se préserver, à travers la violence, de quelque chose de plus grave pour eux. Ce choix de la violence s’expliquerait par une acceptation sociale de celle-ci comme forme de défense masculine. C’est la raison pour laquelle il y a plus d’hommes que de femmes qui passent à l’acte, et c’est pour ça que la domination virile, physique et psychologique, joue un rôle primordial.

  Je reconnais mon beau-père dans cette description. Il cherchait à se préserver, à se défendre. Il se sentait sincèrement victime, non seulement de certaines injustices sociales et humaines dans son existence, mais aussi dans sa relation avec moi, car je ne voulais pas de lui. Il ne pouvait pas accepter d’être rejeté par cette fillette à qui il offrait tout. Elle lui infligeait une blessure narcissique intolérable. Le viol était une punition nécessaire, pour m’apprendre à obéir. Et il montait le son de la radio pour chanter en chœur avec Johnny en y croyant du plus profond de son âme :

  Je te promets le sel au baiser de ma bouche

  Je te promets le miel à ma main qui te touche

  Je te promets le ciel au-dessus de ta couche

  Des fleurs et des dentelles pour que tes nuits soient douces

  Pauvre Johnny, qui doit se demander depuis le fond de sa tombe rococo ce qu’il est venu faire dans ce livre. Qu’il ne m’en tienne pas rigueur, ce n’est pas moi qui ai choisi la bande-son.

  Il dit qu’il a essayé d’en parler, ou du moins de faire comprendre autour de lui que quelque chose n’allait pas.

  À la fête de l’école, on pouvait venir déguisés. Les enfants mettaient tous des déguisements, les adultes parfois. Un jour, mon beau-père s’est ramené avec un accoutrement plutôt étrange. Il avait déniché un bleu de travail de couleur marron. Il s’était cassé la tête, franchement les bleus de travail marron ça ne court pas les rues, en général ils sont bleus ou gris, mais il avait trouvé et il avait donc enfilé cette combinaison complète. Il s’était mis autour du cou une ficelle passée dans le tube d’un rouleau de papier toilette qui lui faisait une sorte de gros collier et autour de la taille une lunette de W.-C. en plastique maintenue elle aussi par les cordelettes passées aux épaules comme des bretelles. Les gens s’étonnaient un peu, ils n’étaient pas sûrs d’avoir bien compris la blague.

  – T’es en quoi ?

  – À ton avis.

  – Je ne suis pas sûr.

  – Ben, ça se voit pas, ça c’est une cuvette de chiottes, et moi, je suis un caca.

  Mais c’était quand même un peu cryptique comme message. Il n’était pas allé plus loin, il n’avait pas pu expliquer en quoi il était un caca dans la vie, en dehors de la blague du carnaval. Il avait quand même l’impression d’avoir avec ce geste lancé une bouteille à la mer. Il l’a mentionné dans les interrogatoires, comme un argument pour dire qu’il avait bien essayé d’en parler mais que personne n’avait voulu l’écouter. Il l’avait reproché à ma mère : tu te rappelles pas, quand je m’étais costumé en merde ? Personne n’a rien demandé ! Personne ne s’est intéressé de savoir pourquoi je me percevais comme une merde ! Personne, même pas toi !

  Moi j’étais en princesse, en fée, un truc comme ça.

  J’ai déjà raconté ça quelque part. Je cherche dans mon ordinateur. C’était il y a presque vingt ans. Je me répète. Je tourne en boucle, je rumine, depuis si longtemps, les mêmes idées. Est-ce que c’est une conséquence du traumatisme de devoir faire toujours ça ? Je ne sais pas, je n’ai pas fait de psychanalyse, ni même de psychothérapie. Je n’ai rien fait. Je ne crois pas que ce soit un produit du traumatisme, c’est juste la vie. Je trouve le texte, ce n’est pas un récit, c’est un poème qui porte le titre « Carnaval » et qui finit comme ça :

  Lui, avec son déguisement de merde,

  Prend la main de la princesse

  Qu’elle ne veut pas lui donner

  Mais il la prend de force

  Il le sait

  La petite main

  La merde qu’il est

  Il la regarde

  Elle regarde au loin

  Regarde-moi

  La petite princesse

  Dans sa lumière

  Dans sa robe déchirée

  Regarde parce qu’il faut bien

  Mais elle ne dit rien

  Il voudrait être pardonné

  Quelque part en lui quelqu’un veut être pardonné

  Elle n’a pas de pitié

  La reine du bal dans ses habits arrachés

  Elle donne la main qu’il faut donner

  Mais elle ne veut pas

  Pardonner.

  Mon ami Edmond, qui est dessinateur, a fait une illustration de ce poème, qui faisait partie d’un recueil. Un projet qui n’est pas allé jusqu’au bout, encore une boucle à moitié bouclée. Ce dessin aussi a une vingtaine d’années. Tout ce que j’ai à dire à propos de cette histoire est déjà là : j’y figure au premier plan avec un costume qui a du mal à me rendre rigolote vu la profondeur macabre de mon regard, derrière moi un décor noir, de tempête, avec une espèce de baleine s’approchant pour me dévorer. Un chien errant se promène dans un angle, comme sur presque tous les dessins, présence fantomatique qui fait le lien entre un poème et un autre. C’est un chien des rues du Mexique, maigre et pelé, aux yeux torves.

  Dans le débarras chez ma mère, dans une caisse en plastique qui porte une étiquette avec mon nom écrit au feutre, parmi des papiers en désordre, de vieilles lettres, de vieilles photos, des bracelets porte-bonheur cassés, apparaît finalement un compte rendu du tribunal de grande instance de Grenoble datant de juin 2000. On peut y lire tout ce que j’ai raconté de cette affaire dans un langage juridique clair et précis. Il y a la biographie synthétique de l’accusé, un résumé de mes déclarations et de celles de ma mère, un résumé des déclarations de mon beau-père. Encore une fois son enfance à Paris, sa jeunesse dans les Alpes, sa rencontre avec ma mère, les abus, les raisons qu’il invoque. Tout coïncide plus ou moins avec la version subjective que j’ai exposée ici. Je me suis posé la question de faire figurer ce document dans ces pages. La juxtaposition entre ma prose et la langue de la procédure me paraissait intéressante, peut-être pour mettre en parallèle deux formes de récit d’un même événement, afin qu’on puisse percevoir la différence.

  Attendu en la forme que la procédure est exempte de toute nullité portant atteinte aux intérêts des parties ; […]

  Attendu au fond que l’ensemble de l’information a établi les faits suivants : […]

  Attendu que la procédure est complète ;

  Attendu que de l’information, il résulte des charges suffisantes contre… : […]

  Vu les articles 199, 214, 216 et 802 du Code de procédure pénale ;

  Par ces motifs

  La cour

  Chambre d’accusation siégeant en chambre du conseil,

  Après en avoir délibéré conformément à la loi ;

  Prononce la mise en accusation de […]

  Et le renvoie devant la cour d’assises du département des Hautes-Alpes pour être jugé conformément à la loi sur le crime de viols et les délits connexes d’agressions sexuelles ci-dessus visés.

  Les légères divergences dans les versions des faits exposés m’interpellent plus que les convergences. C’est peut-être pour cela que j’ai voulu faire une recherche dans les archives, afin de pouvoir m’accrocher à des morceaux d’histoire que je n’ai pas déjà tournés dans ma tête un millier de fois. Encore cette idée de trouver un autre point de vue. Est-ce que c’est pour être plus juste ? Pour compléter les informations fragmentaires ? Ou pour essayer de m’échapper un peu de moi, de cette version subjective qui me hante et m’étouffe ?

  Par exemple : Il cessait toute relation le jour où Neige lui indiquait que lors de ses rapports, elle n’était pas présente, mais que c’était une autre personne qui était agressée.

  Quand je lis cela, je me souviens que j’avais trouvé étrange qu’il fasse cette déclaration. Il avait raconté cette épiphanie au procès. Un jour, alors que nous parlions encore une fois de ce qu’il me faisait, je lui avais dit qu’il pouvait continuer, que ça m’était bien égal, que c’était comme s’il faisait tout cela à quelqu’un d’autre. Il avait eu peur à ce moment-là de me faire vraiment du mal durablement, d’affecter mon équilibre psychique. C’est ce qui l’aurait poussé à arrêter. En dehors de l’apparente absurdité de cette déclaration, comme si jusque-là il n’avait pas eu l’impression de me faire du mal, ce qui me paraît étrange est que j’aie de mon côté un souvenir extrêmement précis des négociations qui ont conduit à l’arrêt des abus, et la question de ma possible dissociation mentale n’avait rien à voir là-dedans.

  Il n’empêche que je me souviens de cette conversation, je me revois en train d’analyser moi aussi notre relation, de donner mon avis, de lui tenir tête : non, nous n’avons pas construit ce lien spécial dont tu parles, tu crois que tu peux m’atteindre mais ce n’est pas moi, ce n’est que mon corps. Je ne me souviens pas où nous étions. Peut-être dans ma chambre d’adolescente, dans un lit, dans une voiture. Il aimait parler après le sexe. Je n’avais pas d’autre choix que de l’écouter, je regardais le paysage par la fenêtre, le plafond, les dessins de la tapisserie. Parfois, quand il me poussait à bout, je répondais avec une sourde colère. Cet échange que j’aurais laissé tomber à la trappe de l’oubli, transcrit dans le procès-verbal, se métamorphose en élément de l’affaire, acquiert une forme d’existence.

  J’ai aussi la sensation que le texte en question, avec ses articles de loi, ses tampons du tribunal et ses signatures d’avocats et de greffiers, valide d’une certaine manière mon histoire. Ce n’est pas simplement qu’on pourrait imaginer que j’exagère, que je fabule un peu pour donner de l’intensité à mon propos. C’est aussi qu’il y a une force naturelle qui s’exerce dans ce genre de récits, qui est comparable au déni des proches. On prend une certaine distance en gardant la sensation que tout cela fonctionne comme de la fiction, après tout c’est une histoire vraie mais ça reste une histoire, et on se concentre sur cet aspect de récit, de fait de langage, pour ne pas avoir à penser sans arrêt au référent. Des photos, des documents d’archives, des lettres de l’époque, un procès-verbal, sont comme des preuves que tout cela a existé, indépendamment de ce que je peux en dire ou en penser. Ce sont des bouts de réel, irréductibles aux interprétations. Ils ne garantissent pas nécessairement la véracité ou la bonne foi de celle qui écrit, mais ils prennent un peu en charge la responsabilité de porter ce réel à travers le temps. Ils deviennent les fragiles béquilles de ce témoignage sans témoins.

  Au mariage j’étais en robe, parce qu’il m’a obligée.

  Je crois que ma mère était en pantalon. Ils étaient vêtus de blanc tous les deux, mais elle, elle avait les cheveux courts et un pantalon. Une petite rébellion. Moi je n’avais pas eu mon mot à dire. Il voulait souvent que je sois en robe. Il voulait que je me trouve jolie. Le jour du mariage, j’avais bien essayé de changer d’habits mais il n’y avait pas eu moyen de transiger. C’est donc moi qui porte la robe, pas la mariée.

  Je ne sais pas quel âge j’avais exactement, mon frère était bébé, je devais avoir dix ans, quelque chose comme ça. Je vais appeler ma mère pour lui poser la question. L’année du mariage, elle doit bien s’en souvenir. Elle ne sait pas que j’écris ce livre, je vais peut-être devoir finir par le lui dire. Elle ne sait pas la raison exacte pour laquelle je lui ai demandé les photos. La performance audiovisuelle que je voulais faire avec d’autres amis qui avaient été victimes aussi est tombée dans l’oubli, un peu à cause de la pandémie, un peu parce que notre enthousiasme retombe vite quand on commence à penser aux conséquences d’une œuvre sur ce sujet. Un épuisement psychique s’installe, nous vide de notre énergie. Le projet était d’afficher sur les murs de la salle nos photos de famille que le spectateur pourrait regarder de près tout en écoutant l’enregistrement de nos confessions superposées tel un chœur antique. Me voici maintenant sans mes amis, sans le collectif pour porter cette parole que j’aurais aimée moins dénudée, sans photos, sans boussole, seule sur ma barque qui dérive.

  Comment agir, ô cœur volé ?

  Je n’ai pas vu de psychologue, ni de psychanalyste. Je n’ai jamais parlé de cela avec des professionnels. Dans mon milieu, on ne consulte pas, on a peur, et on sait aussi que dans les structures qui nous sont ouvertes, le service public submergé, les praticiens de province pas très bien formés, les services gratuits dont les salles d’attente sont remplies de cas sociaux, de véritables cours des miracles de la souffrance mentale, on a pas mal de chances de tomber sur quelqu’un de trop débordé ou d’incompétent. J’en ai parlé pourtant, très tôt, d’abord à Marianne, mon amie de toujours, un après-midi de pluie en rentrant du lycée, puis, dès que je suis partie de chez moi, à mes amies de l’université, à mes copains. On m’a écoutée, on m’a crue. Personne n’a mis en doute ce que je racontais. On m’a conseillée et guidée. J’ai été accompagnée de beaucoup d’amour. La plainte est apparue assez vite comme la seule issue.

  Bizarrement c’est Edmond qui a eu l’idée de la plainte. Avant de devenir amis, nous avons été amants. Il avait trente-cinq ans de plus que moi. Encore un fait paradoxal, mais je raconte les événements tels qu’ils sont arrivés. Ce qui est bien avec la non-fiction c’est qu’on peut faire fi de la vraisemblance, exposer des faits et des enchaînements de faits qui semblent incohérents, voire impossibles, mais on a le droit, et il faut bien que le lecteur nous fasse confiance puisqu’on lui dit que ça s’est passé comme ça.

  C’est cet homme de cinquante-quatre ans qui sortait avec une jeune fille de dix-neuf ans, un artiste charismatique qui avait toujours des relations amoureuses avec des jeunes femmes, un prédateur dans son genre, qui a été mon principal appui dans le cheminement vers la justice. Il en a parlé à un ami psy qui lui a dit qu’il fallait en passer par là, qu’il n’y avait pas d’autre solution ni pour écarter le danger de mes frère et sœurs, ni pour moi plus tard pouvoir me reconstruire.

  Il n’y a que cette solution. Mais est-ce une solution ? Et si c’en est une, pour qui ? Parler, porter plainte, c’est faire exploser la cellule familiale. Une fois que les mots sont lâchés, se déclenche le processus multiple d’exclusion. Tout le monde veut se protéger de cet incendie. La honte se propage vite, elle est contagieuse. On vous tourne donc le dos. À l’intérieur de la famille mais aussi au-dehors. Il ne vous restera pas beaucoup d’alliés, juste vos proches amis, ceux pour qui vous importez plus que la honte que vous pouvez attirer sur eux. C’est une consolation, c’est vrai, mais tout le monde n’est pas prêt à vivre toute sa vie dans cette solitude.

  Ça se passe à Nice, dans un immeuble rose, ocre, gris, sur le vieux port. La copine avec qui je vis m’a laissée seule dans notre mansarde pour aller passer la nuit chez quelqu’un. J’ai des cours à réviser mais je n’arrive pas à me concentrer. Je descends deux étages, je toque à la porte, Edmond est chez lui, il retravaille une planche qu’il a dessinée le matin. Les murs de l’appartement dont le plâtre s’écaille sont couverts de dessins, de phrases peintes, de portraits de femmes. Des corps qui dansent, des soleils, des oiseaux. Ils sont une espèce de manifeste naïf et beau sur l’art et la vie, ils disent des histoires auxquelles j’ai envie de croire. On parle, on regarde des livres, c’est surtout lui qui parle, il va me chercher des ouvrages sur les étagères, il me caresse le visage, les épaules. Il se demande quoi faire pour m’occuper. Il circule entre nous un courant d’une étrange intensité. Il ne sait pas quoi faire de moi. Il croit que je suis amoureuse de lui, que je viens chez lui chercher cette sorte d’amour. On s’embrasse, on monte faire l’amour sur sa mezzanine. Mais quand c’est fini, il reste dans l’air une sensation d’insatisfaction. Il cherche à comprendre. Il veut être sûr de cette histoire d’amour. Moi je ne sais pas de quoi il s’agit, mais de l’amour, non c’est sûr que non. Il est simplement trop vieux. Il est plus vieux que mes parents, c’est un vieillard. Moi je veux bien coucher, mais l’amour je m’en fous. On se dispute. Mais c’est quoi alors, nous deux ? C’est rien, si on n’en parle pas, si personne ne nous voit, c’est rien, on n’a pas besoin de savoir ce que c’est. Mais alors qu’est-ce que tu veux ? Tu me fais chier à la fin, je ne veux rien, fous-moi la paix. Je me rhabille. Je pars. Je ne remonte pas les escaliers pour rentrer chez moi, je sors marcher sur le vieux port.

  C’est la nuit, il fait un peu froid, un froid relatif, il suffit de remonter son col. Je vais marcher vers le phare, une promenade automatique, celle qu’on fait tous, à la tombée du jour, parce que c’est le coin le plus beau pour voir le coucher de soleil. Mais là dans l’obscurité, on ne voit rien d’intéressant, et puis c’est dangereux, il y a des maffieux qui font leurs affaires, des gens qui vont se droguer et qu’on pourrait déranger, des pervers qui se masturbent en regardant les drogués qui se piquent à l’abri derrière un bloc de ciment. Je continue cependant. Le bruit des vagues m’apaise. Edmond me suit. Il me rejoint sur la jetée. On reste longtemps en silence à écouter le fracas de l’eau sur les gros rochers en dessous. Je fume. Il a arrêté de fumer depuis des années mais c’est lui qui me donne du feu.

 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
Add Fast Bookmark
Load Fast Bookmark
Turn Navi On
Turn Navi On
Turn Navi On
Scroll Up
Turn Navi On
Scroll
Turn Navi On
183